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Apprentissage : poursuivons nos efforts

Par • 20 juin, 2012 • Catégorie: Apprentissage, Les experts, S'ouvrir à tous les mondes

Le soir de sa victoire, le Président de la République a annoncé qu’il ferait de la jeunesse une de ses deux priorités avec la justice. On peut donc supposer qu’il compte faire de l’éducation sa priorité et s’attaquer ainsi aux deux chantiers essentiels que sont :

  • la réforme de la formation professionnelle dont l’apprentissage,
  • et l’école primaire qui, en France, a besoin d’être totalement rénovée.

Concernant l’apprentissage, je suis d’ores et déjà rassuré que les dispositions qui permettaient à des jeunes de 14 ans de rentrer en apprentissage, soient supprimées par le nouveau gouvernement. Mes lecteurs le savent : j’ai toujours pensé qu’à 14 ans, on n’avait ni la maturité psychologique, ni la maturité physique pour signer puis assumer un contrat de travail.

En revanche, j’ai toujours lutté contre cette idée que l’apprentissage serait réservé aux élèves en difficultés. Dans les propositions du Président de la République, l’apprentissage n’est pas très développé, mais encore une fois, je pense qu’il faut le situer dans la problématique de l’enseignement professionnel et qu’on en finisse avec la querelle stupide d’opposer l’apprentissage à l’enseignement professionnel par la voie scolaire. L’apprentissage s’est bien développé ces dernière années et a reçu d’ailleurs le soutien du précédent gouvernement, mais quelques obstacles demeurent à lever pour continuer son développement :

  • lever les freins sociologiques, à savoir le comportement des familles qui cultivent une veille image de l’apprentissage pour des diplômes de l’enseignement secondaire et des métiers techniques et manuels,
  • l’obligation pour les prescripteurs principaux auprès des jeunes que sont les professeurs de l’Education nationale, de se former deux jours par an à la pédagogie de l’apprentissage. S’ils ne prescrivent pas l’apprentissage, ce n’est pas par refus absolu mais, bien souvent, ils ne connaissent pas ses mérites et ses taux de réussite aux examens ou dans l’emploi.

Du côté des entreprises, elles accueillent certes de plus en plus d’apprentis (on est ainsi passé de 200 000 à 400 000). En revanche, elles connaissent des difficultés et, désormais, la condition à lever pour elles, c’est le retour à la croissance. Une entreprise qui n’a pas de commandes ne peut pas embaucher indéfiniment des salariés en plus, même si elle bénéficie d’exonérations fiscales et sociales. Le retour de la croissance est donc une condition essentielle au développement de l’apprentissage.

En fait, le dernier et principal problème après que nous aurons levé les obstacles que je viens d’énumérer (les familles, les prescripteurs, la croissance), sera le financement de l’apprentissage. Il est en effet facile de dire : « Il y a 400 000 apprentis, il en faut 400 000 de plus pour arriver à 800 000. » Puis-je rappeler que la formation de, par exemple, 200 000 apprentis supplémentaires représente 1,6 milliard d’euros par an et qu’il faudra bien trouver l’argent quelque part ?

Il y aura donc pour l’Etat et les Régions l’obligation de mettre en accord leurs idées et leurs actions, c’est-à-dire de prévoir les financements supplémentaires pour l’apprentissage.

est Directeur général délégué, enseignement – recherche – formation de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris
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